Textes: Philippe Andraud
Photos: Valérie Holt et Hélène Leroy

Lundi 24 janvier 2005 haut de page

Enfin le grand jour... Les 7 mercenaires des glaces se rejoingnent à l'aéroport Charles de Gaulle de Paris pour faire le grand bon par dessus "la flaque".

Tout le monde est excité par l'aventure mais la moitié d'entre nous part vers l'inconnu. Les soucis de l'organisation commencent à s'estomper, même les rames sont passées comme une lettre à la poste.
Après 6 heures et 5800 kilomètres d'un vol sans histoire, le Québec et Montréal nous accueillent... - 12 degrés un vent d'enfer et la neige.
Nous réussissons à entasser 7 personnes et une quinzaine de sacs et valises dans notre van après une bonne demi-heure de recherche du moindre espace libre, premier exploit ! Direction Québec par la route, 4 heures laborieuses à cause des "congestions" et une neige continue mais nous finissons par arriver à destination. Nous faisons un petit arrêt par le bord du fleuve pour faire les présentations entre "Monsieur Saint-Laurent" et la premère équipe de France de canot à glace.
Arrivée à 21H, heure locale et 03H du matin pour nous, petit casse croute et tout le monde au lit pour être en forme le lendemain.

 

 

Mardi 25 janvier 2005 haut de page

Réveil naturel à 3 heures du matin pour tout le monde et nous nous retrouvons pour un petit déjeuner royal et typiquement Québecois au bord du Lac Beauport vers 8 H.
Au programme de la journée, achat des derniers équipements pour notre canot et nous tous. 14 H, enfin nous voyons pour la première fois notre navire amiral, il est splendide, la peinture est à peine sèche et le peintre, Alain Tondreau, a fait un super travail.
Durant les 2 heures suivantes c'est une véritable fourmillière qui s'active autour du canot aidé par Serge Garon un ami Québecois qui cumule 26 ans d'expérience en canot à glace.
Montage et réglage des fourchettes sur les rames sous la haute direction de Thierry docteur es- aviron, réparations des derniers problèmes et nous sommes enfin prêts. Merci mille fois à Bruno Harvey, canotier d'expèrience pour son aide dans la préparation du canot avant notre arrivée.

Le temps d'embarquer le canot sur une remorque et nous sommes en tenue, hyper motivés prêt à en découdre.
Hélène et Valérie, la larme à l'oeil nous regardent partir, fières et admiratives, sûr d'avoir devant elles 5 atlhètes venus pour gagner... Enfin elles sont libres et peuvent organiser leur soirée comme elles le souhaitent; jacuzzi, sauna et piscine.
Pour les 5 mousquetaires, c'est une autre paire de manche, nous faisons connaissance avec les premières manoeuvres, les premières sensations, et pour Richard la première "débarque" mémorable, et comble de tout, en chutant à pleine vitesse, il n'a pas respecté la règle numéro 1 du canot à glace, NE JAMAIS LACHER LE CANOT !!! Corinne et Philippe expliquent leur rôle à leur binôme, pendant que notre barreur et capitaine, Didier très surpris par les réactions du canot, essaye de nous faire croire qu'il maîtrise tout.

2 heures de pur plaisir par -20 degrès, vivement la deuxième sortie.
Fin de journée classique, pizza, et fou rire en écoutant les aventures de tous... surtout Richard.

 

 

Mercredi 26 janvier 2005 haut de page

Troisième jour. Tout le monde a pris ses marques, l'hôtel est de plus en plus apprécié et les petits déjeuners toujours aussi gargantuesques.
C'est aujourd'hui le premier jour sur le fleuve et le Saint-Laurent nous réserve une surprise... Pas un mètre carré d'eau aussi loin que l'on regarde. Il va falloir ce faire mal.

Hélène et Valérie ont un programme touristique chargé et les -17 degrés en pleine après-midi vont également faire mal, même si Québec sous la neige est complètement magique.

11H, enfin sur le fleuve, il y a du relief beaucoup de relief, et le train de glace a une vitesse impressionnante. Tout le monde est sidéré par la puissance du fleuve et des glaces. Et nous... pauvres Français nous allons nous jeter la dedans ? " J'aurais su, j'aurais pas venu !".
Go, c'est parti ! Les glaces statiques sur les bords de quais nous permettent de nous échauffer et de faire connaissance avec les conditions réelles. Le concours de figures, de sauts et de chutes est ouvert. Tout le monde y met du sien et le concours de bleu aux jambes sera disputé ce soir.
Les choses sérieuses commencent en approchant du cisaillement créé entre les glaces statiques et les glaces en mouvement. Une vraie machine à broyer les canots. Ca va vite, très vite... Ni une ni deux, nous faisons le grand saut et là, tout de suite il faut lutter contre "le tapis roulant". 20 minutes d'effort pour....... 5 mètres de progression !! L'équipe de France de canot à glace est productive.
La sortie se poursuit sans trop de mal et nous prenons tous un pied monumental. Didier est balancé de droite à gauche en essayant de ne pas trop subir les mouvements violents du canot. Il ne s'en sort pas trop mal. Richard et Thierry comprennent aujourd'hui les explications données par Corinne sur la puissance du fleuve et ont une démonstration en situation réelle de la violence des chutes sur la glace. Philippe, lui, s'amuse comme un enfant dans ce bac à glaçons.

Fin de sortie. Les canotiers rencontrés à la fin nous confirment que ces conditions étaient exceptionnelement dures. Direction le resto et nous retrouvons les filles qui sont enchantées de leur après midi.

La fin de journée est terrible: sauna, jacuzzi, bière pour tout le monde et ensuite direction le lit, demain tout recommence...

 

 

Jeudi 27 janvier 2005 haut de page

Aujourd'hui, c'est surtout des chiffres qu'il faut retenir. D'abord - 28, comme la température au réveil et pas beaucoup plus lors de l'entraînement, puis 17/20 comme la note décernée à toute l'équipe aujourd'hui, aussi bien à Valérie et Hélène pour leur support logistique et moral avant, pendant et après l'entraînement, qu'à l'équipage qui c'est battu contre un relief encore plus haut et qui a su prendre des risques. Un équipage qui pige vite et qui galope.
Ensuite 3769 comme le nombre de coup de téléphone passé par Corinne pour tout organiser et enfin 14 comme le nombre d'heures consacrées exclusivement au canot à glace dans cette longue, très longue journée...

Cet entraînement a été de loin le plus dur et plus exigeant pour Riri, Titi, Didi, Fifi et Coco. Un relief abominable, pire que la veille, des mouvements de glace violents et imprévisibles, de quoi déstabilisé bien des équipes. Une bonne nouvelle cependant nous avons enfin trouver de l'eau pour ramer, seul soucis, car il en fallait un pour tester notre motivation, Thierry casse une rame au bout de 45 secondes à cause d'une glace plutôt rebelle, mais qu'à cela ne tienne, il fait un demi-tour et aide Corinne dans son effort comme si notre équipe n'était en fait qu'un seul corps de 10 bras et 10 jambes.
Didier peut enfin barrer comme tout barreur d'expérience qu'il ait, et comprend vite comment louvoyer entre les blocs de glace parfois plus haut qu'un homme pour trouver le meilleur chemin.
Mention spécial et nomination au titre "d'élève du jour" à la "Canot Academy" pour Richard qui aujourd'hui a impressionné tout le monde. Toujours dehors pour tirer le canot, des plongeons de haut vol pour rejoindre son banc de rame et une rapidité a comprendre le meilleur chemin ce qui augure plutôt bien pour la suite. Philippe serait- il un bon prof ? Sûrement qui oui !! :-)

Au retour de cet entraînement éprouvant, excellente surprise, les filles nous attendaient avec un super casse croûte et des oreilles attentives et patientes pour nous écouter raconter nos aventures de "guerriers des glaces", merci les filles !!

Fin de journée très longue après 20 minutes de détente au Château Frontenac pour faire une glissade enfin tous ensemble. Au programme, réparation des rames, transport du canot et de la remorque qui nécessite aussi des réparations et enfin pas mal de couture pour placer les écussons de nos sponsors sur les vestes. Les garçons grands seigneurs ont accordé une pause aux 3 filles qui se sont fait plaisir au restaurant de l'hôtel alors qu'eux ont grignoté des sandwichs à 23H.
Demain grand jour, premier déplacement pour la première course, grasse matinée bien méritée pour tout le monde et en avant...

 

Vendredi 28 janvier 2005 haut de page

Premier grand jour pour toute l'équipe.
La matinée est un peu à l'image des premiers jours, très chargée et au pas de course. Tout est achevé dans les délais et l'équipe prend la route de Baie Saint-Paul à 15H.
Nous quittons avec regrès l'Auberge les Quatres Temps et son décort paradisiaque du Lac Beauport.
La traversée du Charlevoix est toujours aussi magique et nous retrouvons presque une quarantaine d'équipes en plein centre ville pour effectuer les préliminaires qui détermineront la place sur la ligne de départ le lendemain.

Les organisateurs transforment chaque année une rue de la ville en piste de canot en derversant presque 50 centimètres de neige sur 300 mètres. Le but ? Courir et trottiner (terme de canot) le plus rapidement possible sur un allé retour en se déchirant de préférence les bronches avec le froid. La méthode ? Visser le boulon dans la tête et foncer.
Ce genre d'exercice convient parfaitement à notre équipe chez qui l'esprit "bourin" est bien devellopé.
L'accueil réservé par l'organisation est merveilleux comme d'habitude. Notre performance est très correcte après moins de 6 heures d'entraînement passé dans le canot en tout et pour tout, ce sera donc une treizième place sur dix huit sur la ligne de départ dans la classe participation.
Suite de la soirée a traverser sur l'Île aux Coudres en traversier, c'est incroyablement beau, le fleuve est majestueux la nuit et la température un tantinet frisquet sur le pont, à peine -22. Puis nous attendrons notre canot qui n'a pas pu embarquer avec nous jusqu'à minuit et demi. Première constatation faite sur le traversier.... "Y'a pas beaucoup d'eau, ça va être dur", mais chaque chose en son temps, d'abord repos pour tout le monde à l'hôtel du Crapès Soleil et demain sera un autre jour.

 

Samedi 29 janvier 2005 haut de page

Aujourd'hui sera un grand jour ou ne sera pas !!

Avant toute chose, un gros gros remerciement à toute l'organisation de la Grande traversée et en particulier Annie Harvey, sans elle cette course n'existerait pas.
L'accueil sur l'île est royal, tout le monde est content de voir débarquer une équipe Française et les Québécois sont toujours aussi chaleureux.

La journée commence agréablement, réveil en douceur, petit déjeuner et nous nous présentons chez un "marsouin" (habitant de l'île aux Coudres) pour effectuer les dernières réparations sur le canot ainsi que le cirage, indispensable à la bonne glisse du canot.

12H, Didier se présente à la réunion des capitaines et le ton est grave. Jamais en 15 éditions de cette course, les organisateurs n'ont vu de telles conditions de glace, il n'y a pas d'eau du tout et sur une course qui fait 8 kilomètres c'est tout un problème car à cette glace se rajoute la puissance des marées.
Pour les 4 autres membres de l'équipe, tout va bien, pas de stress, pas d'appréhension, une forte motivation, une bonne forme physique et probablement un peu d'inconscience face à l'inconnu. Corinne et Philippe savent bien eux que c'est un drôle d'enfer qui nous attend mais tout le monde aura bien le temps de s'en apercevoir.
Hélène et Valérie nous regardent courir dans tous les coins et attendent de savoir à quelle sauce va nous manger le Saint-Laurent.

13H15, départ des équipes de filles, nous nous mettons à notre emplacement à côté des 17 autres équipes participations. Tout le monde veut passer par le même trou de souris à la sortie du bassin, il va y avoir du mouvement.
Un puis deux coups de sifflet et c'est le départ, la pagaille est totale, les canots se montent dessus, les jambes sont coincées mais personne ne s'arrête, il faut foncer pour bien sortir du bassin.
Nous nous retrouvons sur le fleuve et mauvaise nouvelle, pas de glace ferme, juste de la "slush" cette espace de gadoue de glace qui ne permet aucun appui. On avance mais lentement, le seul problème c'est que nous avons 1H15 pour rejoindre l'autre rive sinon l'organisation nous arrêtera pour des raisons de sécurité.
Comme on dit en canot, "petit train ira loin", alors nous progressons péniblement mais sûrement.

Vers 14H, nous nous présentons largement dans les délais sur l'autre rive pour prendre le sac postal. Celui ci perpétue la tradition des anciens canotiers qui traversaient le fleuve sur les canots de 300 Kg en bois afin de ravitailler les insulaires et de permettre le transport du courrier. La rive est pleine de supporters et tout ce petit monde encourage l'équipe de France, on entend même des "allez les bleus" avec l'accent Québécois. C'est super et notre motivation est encore plus forte.
Début du retour, d'abord sur les glaces statiques le long de la rive pour être bien certain de ne pas se faire piéger par les courants et là commence vraiment l'enfer.
Nous avons mis 50 minutes pour l'aller et nous mettrons 1H30 pour le retour, les conditions de glaces sont affreuses, des dizaines de fois nous progresserons à pas de tortue avant d'être bloqué par des blocs et puis nous repartirons sans jamais lâcher. La fatigue, le manque d'expérience ne nous aide pas mais jamais l'équipe ne s'est désolidarisée, et lorsque l'un d'autre nous a un coup de barre, un autre est là pour relancer.

Chacun va au bout de ces capacités, Didier se bat sans arrêt pour essayer de contrôler le cap et essaye toute sorte de position pour être le plus efficace possible, Corinne et Thierry à l’arrière ne cessent pas une minute de pousser pour que le canot ne s’arrête jamais, Richard et Philippe à l’avant sont en mouvement permanent et passe autant de temps dans le canot que sur les glaces instables, ils en sont quitte pour pas mal de bain.
14 ième et 2H19 de course nous finissons sous les applaudissements comme toutes les équipes qui ont terminées cette épreuve.
Congelés, vidés de toute énergie mais heureux comme des enfants !!

Hélène et Valérie sont là pour l’accueil et tout le monde met la main à la pâte pour rentrer le plus rapidement possible à l’hôtel.
Nous apprendrons que des équipes ont dû être secourue par bateaux ou d’autres canots, qu’un rameur a été évacué par hélicoptère et que d'autres, surpris par la marée sont restées presque 4 heures sur le fleuve !!

Après une douche bien méritée c’est l’heure de la remise des prix, l’ambiance est super, la bière commence a couler à flot. Du monde vient nous voir, incrédule sur le fait que nous ayons fait 6000 km pour venir ici, mais toutes les équipes sont méritoires et même les équipages « d’extra-terrestres » qui nous ont mis une heure dans la vue, ont trouvé cette course mémorable.

Fin de soirée très arrosée avec des litres de bières éclusées, des danses ou plus personne ne semble avoir mal aux jambes, une superbe démonstration de danse traditionnelle par Didier et en plus une demi-heure de chant improvisé dans une chambre avec une canotiere Québécoise à la guitare et Valérie au chant.
Nous pouvons nous coucher mort de fatigue mais HEUREUX !!

 

Dimanche 30 janvier 2005 haut de page

Réveil difficile pour tout le monde et pendant qu'une partie de l'équipe prend son petit déjeuner chez Ti'Coc, l'autre part fait le tour de l'île aux Coudres pour découvrir ces superbes paysages et les rives du Saint-Laurent.

Vers 11H30, nous aidons l'équipe américaine de Chicago à installer notre remorque sur l'un de leurs 4x4, c'est eux qui nous le ramènerons à Québec.
Serions nous des précurseurs pour un rapprochement Franco-américain grâce au sport ??
La traversée du bras du Saint-Laurent est beaucoup plus longue que prévu, les glaces qui se sont refermées ralentissent le traversier qui est pourtant conçu pour ça, alors pauvre nous autres avec notre canot en fibre de verre, nous étions bien petit la veille.
Au revoir à l'Île aux Coudres, au revoir aux Marsouins et merci pour votre accueil. 2 jours de bonheur et nous vous conseillons vivement de faire un détour dans ce coin si vous visitez un jour la belle province.

La route se passe sans histoire et après avoir déposé le canot près du fleuve pour les prochains entraînements, nous rejoignons ENFIN l'Auberge les Quatre Temps et sa douceur de vivre. Toute l'équipe pose ses valises pour 1 semaine et regarde le lac Beauport complètement gelé avec toujours autant d'émerveillement.
Nous avons une chance inouïe d'être logé ici.

Fin de soirée tranquille, apéro bière comme tout bon Québécois et ensuite resto sur le port de Québec. Le repas est apprécié mais tout le monde est épuisé, c'est donc rapidement que rejoignons nos chambres vers 23H avant une journée de repos bien mérité.

Lundi 31 janvier 2005 haut de page

Journée de repos !
C'est le maître mot aujourd'hui, pas de canot, pas de réparation, en clair quartier libre pour tout le monde.

Petit déjeuner à l'auberge comme tous les matins avec un soleil toujours aussi radieux, puis tout le monde vaque à ces petites affaires sans stress.
La journée s'organise tranquillement, tous le groupe, sauf Philippe, va occuper sa journée de repos a faire.... du sport ! Ski de fond au programme pour les 6 courageux et visite d'une caserne de pompier pour Philippe, normal pour un pompier volontaire.

Sitôt rendu au centre de ski de fond des Sentiers du Moulin juste au dessus du Lac Beauport, tout le monde loue son matériel et se présente au départ. Des jeunes des écoles, un peu curieux en voyant tout le monde avec nos vestes bleu et le drapeau Français dans le dos, posent une question simple "C'est tu l’équipe de France de ski de fond ?". C’est gentil comme question et ils ont vite la réponse quand la moitié du groupe, en tentant de faire un premier pas se retrouve les quatre fers en l’air. Réponse claire et précise, c’est non et que penserez Raphaël Poiré de notre démonstration ?

La suite de la sortie se fait au soleil et alors que la moitié du groupe est totalement débutant, le parcourt choisi est bien sur le plus long, 12 Km dans la montagne. Cette distance permet à tout le monde de réaliser l’ensemble du programme long de figures acrobatiques et mention spécial à Hélène pour son excursion involontaire sous la neige.
Petit casse croûte au soleil avant un retour sur le chalet de départ presque à la nuit tombée, la sortie a été longue mais le fait de ne pas courir à droite et à gauche a fait beaucoup de bien à tout le monde et permet de changer le mal de place.

Tout le monde se retrouve à l’Auberge et la fin de journée est épuisante. Nous profitons pleinement des installations de l’auberge avec le jacuzzi intérieur et surtout extérieur puisque les 5 rameurs de jettent vaillamment dans la neige par – 14 degrés en maillot de bain avant de se réchauffer dans le jacuzzi !!
Et pour finir cette journée de rêve, repas à l’auberge avant de faire un gros dodo. Demain reprise de l’entraînement.

Mardi 01 février 2005 haut de page

Reprise des choses sérieuses aujourd’hui, terminé le farniente et la barre est haute pour l’entraînement.
Nous nous sommes mis en tête de réaliser un tour identique à celui de la course de Carnaval, notre premier.

La glace est toujours aussi présente mais le relief est un peu plus bas par endroit, il va encore y avoir du sport. Echauffement tranquille le long de la rivière Saint Charles avant de nous lancer sur le fleuve. Les premiers mètres sont difficiles mais nous décidons de remonter tranquillement jusqu’au port de Québec qui servira de lieu de départ pour la course de dimanche.
Une fois en place, une seule consigne : "on fait un tour et on ne s’arrête pas ! Go !".
C’est donc parti, et surprise nous trouvons des trous d’eau de quelques mètres, pas assez grand pour que nous ayons la possibilité d’utiliser nos rames. Nous avançons, suivi sur le Quai par nos fidèles supportrices Hélène et Valérie qui nous mitraille avec rien que 2 appareils photo et une caméra, nous sommes des vrais stars !!

Le premier touché de la course est réalisé sans problème et nous entreprenons notre premier traversée du Saint-Laurent à Québec, elle est rapide et peu d’erreurs techniques sont faites, par contre nous n’écoutons pas Didier, notre capitaine qui a repéré une belle plaque de glace rapide, nous voilà empêtré dans de la "slush" pendant 10 minutes !!! Désolé c’ptaine !

Deuxième touché à Levis avant d’entreprendre le retour qui est très rapide, les conditions de glaces sont bonnes, le courant plutôt coopératif et notre technique un peu plus affinée. 50 minutes c’est pas mal mais attention tout peut changer d’ici dimanche. Nous retrouvons un photographe venu nous immortaliser dans le but de nous faire connaître dans la presse Française, lui même Français installé au Québec, il est bien entendu emballé par le sport et par notre défit, espérons que les médias Français seront aussi receptifs.

Fin d’entraînement tranquille avec un peu de rame et là…. Richard probablement jaloux de ne pas avoir été nominé pour ces bêtises casse une rame, et de deux. Thierry, envieux, défonce sa trottinette et Philippe copieur, arrache une de ces barres de pied, il semble que seul Didier et Corinne soient raisonnables aujourd’hui et ne sont donc pas nominés à la "canot academy", félicitations à vous deux.

Une fois au chaud dans la cabane du port, Valérie et Hélène s’occupe pour nous de prévenir la garde côtière Canadienne que la sortie s’est bien terminée comme après chaque entraînement. Pendant ce temps, les autres font un concourt de bleus et d’hématomes, le vainqueur est…. Philippe avec un superbe œuf de pigeon sur le front pour une cascade non maîtrisée sur la palette d’une rame.

Fin de journée avec une pause Bagel au restaurant puis en visitant le village du bonhomme Carnaval (mascotte du carnaval d’hiver de Québec) et tout le monde frigorifié rejoint l’auberge pour prendre une bonne bière Québécoise au bar dont le personnel est toujours aux petits oignons pour nous.
Réparation des rames, mise à jour du site, repas sushi et repos vers 23H30 avant un nouvelle sortie demain matin. Les muscles commencent vraiment à tirer et les cernes se creusent mais tout le monde est toujours hyper motivé. A demain 10H sur le fleuve.

 

Mercredi 02 février 2005 haut de page

L’équipage passe de 5 à 7 membres !

L’impatiente se lit sur les visages de Valérie et Hélène et peut être un peu, mais alors un tout petit peu d’appréhension, c’est aujourd’hui qu’elles méritent leur statuts de canotières.
Avec une météo toujours aussi favorable, nous commençons l’entraînement en apportant quelques changements à l’équipe, Corinne et Philippe cèdent leur place et Didier, Thierry et Richard prennent en charge les 45 premières minutes.

Grand moment !! Les cris de Valérie et d’Hélène en disent long sur leur surprise et il n’est pas question d’y aller tranquillement. Il faut qu’elle découvre absolument tous les merveilleux côtés de ce sport.
« Hop avant ! Hop arrière ! Déparque! Tire ! Pousse ! Bâbord ! Tribord ! » Tout elles auront tout eu et même si parfois elles sont en recherche d’air, il y a toujours un petit sourire au couin de lèvres. Les 3 gars se chargent de leur trouver du relief et de l’eau et c’est reparti pour un tour, un coup aux positions avant, ensuite à l’arrière puis à la place du barreur.
Et vue que les rôles sont inversés, c’est Corinne et Philippe qui sont à la caméra et à l’appareil photo et ces 2 là se régalent aussi de voir l’entrain de tout le monde.

A la fin de cette sortie découverte, Richard et Thierry félicitent leur moitié avant de se préparer pour la seconde partie de l’entraînement.
Le temps de récupérer les équipements et l’équipe est reparti. Ce sera une sortie technique aujourd’hui, pas question d’aller sur le fleuve. La condition physique et là mais l’expérience manque, alors nous faisons et refaisons les gestes qui demandent le plus de technique et de coordination, un coup un ralenti puis à vitesse réelle. Tout le monde comprend vite et c’est vraiment plaisant de voir les progrès de l’équipe.

A la fin nous partons manger dans un resto ou la serveuse impressionne tout le monde par son débit de parole et son accent et comme à chaque fois, les gens veulent savoir ce que nous sommes venu faire là, il faut dire qu’avec nos vestes « Cetarame », nous sommes voyants.
Fin de journée en visitant le village de bonhomme carnaval ou les sculpteurs sur neige ont commencé leur travail dans des cubes de neige de plus de 3 mètres de haut. L’hiver est vraiment le roi ici.

Comme à chaque fois en fin de journée les têtes sont fatiguées mais nous avons encore une activité de prévue……. Du spinning, pour les non initiés c’est une séance de 45 minutes sur un vélo stationnaire, en groupe, avec de la musique techno et un entraîneur qui nous fait alterner des moments de sprint de de super sprint avec des grimpées de côte debout sur les pédales.
C’est Marie Letarte qui est maître de jeu au club Entrain de Québec et sous son caractère adorable c’est une vraie meneuse qui ne nous laisse que peu de répit. La moitié du groupe se donne à fond tandis que l’autre décide de faire une séance de récupération mais nous ne donnerons pas les prénoms des lâcheurs !!!
Après 40 minutes d’étirements et une douche bien méritée, tout le monde, au bout du rouleau, termine la soirée au Resto avec Marie. Portions énormes et au lit, demain il y a…… canot sur glace !

 

 

Jeudi 03 février 2005 haut de page

L’échéance se rapproche, dans 2 jours ce sera la course du carnaval.

Aujourd’hui est donc notre dernier entraînement. Une nouvelle fois et comme tous les matins, nous nous régalons des petites déjeuners de l’auberge avant de très rapidement descendre rejoindre le Saint-laurent, nous sommes attendus.

La chaîne de télévision Québécoise TQS est elle aussi intéressée par notre équipe et par le fait que c’est la première fois en 50 éditions de la course du carnaval qu’une équipe vient d’aussi loin. Le journaliste interroge chacun de nous avant que le cameraman ne fasse quelques images sur le fleuve. Nous sommes content d’intéresser la presse locale mais nous espérons avoir encore plus de sujets sur nous pour la course elle-même.

Après la petite heure réservée à TQS, nous continuons l’entraînement sur le fleuve avec une grosse demi-heure dans la glace et là, nous sentons vraiment que nous avons progressé depuis notre arrivée, il nous faudrait encore des dizaines de sorties pour être vraiment au point mais nous sommes prêt. L’entraînement se conclue par de la rame et miracle nous ne cassons rien, pas de réparation pour Didier et Thierry ce soir qui sont vraiment déçus.

Le retour sur le rivière Saint Charles est difficile nous sentons bien que nous sommes très fatigués, tous les jours ou presque sur le fleuve, du sport à côté et de longues soirées de réparation ont mis nos batteries presque à plat. Il est donc décidé que le reste de la journée se passera à l’hôtel.

Heureusement que Valérie et Hélène sont là, une fois à la cabane, elles nous attendent avec des sandwichs en quantité. Elles ont cherché et trouvé du bon pain, la prochaine heure est silencieuse trop occupé que nous sommes à tout dévorer.
Quelques achats de souvenirs en vieille ville conclus nos activités avant de remonter en faisant un détour par les « beaux quartier » du Lac beauport. IL y a là quelques belles cabanes en particulier dans la vallée Autrichienne.

Une fois à l’hôtel, certains font une lessive tandis que d’autres écrivent des cartes postales, les chambres sont silencieuses. 18H15 est notre heure de gloire, la première d’une probable longue série. L’auberge, une fois de plus vraiment coopérative, nous prête une chambre avec TV et magnétoscope pour que nous puissions nous contempler à la télé et nous enregistrer. Le reportage est court mais vraiment bien fait, on passe vraiment bien à l’image, de vrais héros ! Nous aurons sûrement des supporters en plus qui crieront « allez les bleu ! ».

Vers 19H30, Corinne et Philippe rejoignent Jean-Christophe un ami qui avait organisé pour nous une sortie de nuit en raquette, mais le groupe est trop fatiguée et ce serait sûrement l’effort de trop. Désolé Jean-Christophe…
Repas en chambre avec bière Québécoises et chips ce qui est devenu une bonne habitude, voir une nécessité, tous ensemble assis sur la moquette, et rapidement les lumières s’éteignent.

 

Vendredi 04 février 2005 haut de page

Consignes du jour… Repos et plaisir pour la communauté du canot.

Nous avons décidé de prendre une journée de repos avant la dernière ligne droite de la course du carnaval.
Pour commencer grasse matinée bien méritée, puis petit déjeuner et départ à 10H30 pour le Mont Sainte-Anne à 45 minutes de Québec. Nous retrouvons là-bas Bruno Saucier, ami de longue date de Corinne et Philippe et l’un des plus fidèle supporter de notre équipe.
Bruno est co-propriétaire d’une société qui a une activité que tous les touristes Français adorent…. Le traîneau à chien.

Nous sommes venu pour 2 heures de vrai plaisir. 5 équipages de 6 chiens chacun + un soleil radieux = un grand sourire dans la face de tout le monde.
Les chiens sont tous aussi mignons et affectueux les uns que les autres. Bruno nous donnent les consignes de sécurité et les couples sont formés, Didier lui embarquera avec Bruno pour parler canot à glace et obtenir le plus d’informations possibles sur les tactiques a adopter dimanche matin. Nous retrouvons nos chiens de têtes respectifs : Anorak, Plume, Crocus Blizzard et ces compères et c’est parti sur les sentiers enneigés.
Ces 2 heures sont beaucoup trop courtes, nous traversons des bois, alternons des descentes rapides ou les chiens courent à des vitesses impressionnantes et des montées ou nous allégeons le traîneau en courant à côté même si ces attelages ont une puissance hallucinante.

Personne n’oublis bien sur de féliciter tous ces chiens à grand renforts de caresses et de mots doux et ces boules de peluches en redemandent.
Merci à Bruno et à ces guides, c’est un grand classique du tourisme ici mais il ne faut pas s’en priver.

Nous rencontrons à la fin de la promenade une journaliste indépendante qui espère intéresser des quotidiens Français avec notre histoire, ce serait une bonne chose pour obtenir plus de sponsors pour une prochaine année.

Durant le retour sur Québec nous faisons une pose par les chutes gelées de la rivière Montmorency puis nous traversons le pont de l’île d’Orléans pour faire découvrir le sublime village de Sainte Pétronille et la vue sur le Saint-Laurent en glace et Québec dans la brume.
Rapidement nous remontons sur l’auberge Les 4 temps pour permettre à Valérie et Hélène d’aller à leur massage … rien que ça ! C’est le cadeau de Saint-Valentin de leur moitié Thierry et Richard. C’est pas beau ça ? Attention de ne rien demander le 14 février !
Fin de journée habituelle, jacuzzi extérieur, et pizza dans la chambre avant un gros dodo.

Demain est le premier jour d’un grand week-end.

 

 

Samedi 05 février 2005 haut de page

La course de canot du carnaval de Québec, ça commence….. Aujourd’hui !!

Réveil plus tôt que d’habitude, 7H30 avant un petit déjeuner avalé au pas de charge. Il faut absolument être à l’heure avec nos collègues de l’équipe de Chicago pour les réparations du canot. Toute l’équipe est super opérationnelle !!
A 9H nous retrouvons donc les américains qui transportent une nouvelle fois notre canot jusqu’au garage. C’est le début de 2H30 très, très actives ! Il y a beaucoup de casse matériel accumulée lors de toutes les sorties et Didier, maître d’œuvre, dirige ses troupes rondement.
Nous terminons le cirage du canot juste à l’heure pour le charger sur la remorque et partir à toute vitesse pour la réunion des capitaines et les préliminaires de la course.

Didier, encore lui, assiste donc à la réunion en tant que capitaine de l’équipe pendant que Valérie et Hélène accumulent les kilomètres de marche à pied dans la vieille ville.
Nous nous retrouvons tous, toujours au pas de charge pour nous changer et avaler un sandwich en 1 bouchée.

13H30, début des préliminaires pour les 41 canots inscrits cette année, un record de participation. Les organisateurs ont décidé de faire un parcourt plus simple techniquement et donc plus rapide et moins intéressant, par contre ils ont fait 2 parcourts côte à côte ce qui est bien pour le nombre d’inscrits.
Nous n’avons pas beaucoup de temps pour nous échauffer et reconnaître les obstacles mais avant le départ tout le monde sait ce qu’il a à faire.

Nous passons au douzième tour et l’équipe qui part avec nous n’est plus ni moins que celle de Bruno Harvey, l’ami qui nous a loué le canot et apporté tant d’aide depuis notre arrivée, c’est aussi le gagnant du carnaval 2004, bel honneur pour nous, même si nous ne faisons pas le poids.
57 secondes d’effort pour une quatorzième place sur vingt dans notre catégorie, pas mal du tout.

Nous restons sur place le temps de voir toutes les équipes et nous nous dirigeons vers le port pour amener le canot en préparation de le course du lendemain. Nous en profitons pour donner un coup de chiffon pour le nettoyer et surtout bien lisser notre cirage.
Changement de tenue et nous partons faire 2 ou 3 achats aux centres commerciaux, mais tout le monde pense déjà à la douche. Retour à l’auberge à la nuit tombé et après s’être fait une petite beauté en plus de végété un petit peu devant la télé, nous allons manger dans un petit resto du Lac Beauport, pas de quoi avoir un grand souvenir gastronomique mais plus personne n’a faim. Retour à 21H30 pour une longue nuit de repos et de rêves de canot…

Dimanche 06 février 2005 haut de page

Une journée pour « bagnard » du fleuve.

La course en canot à glace du Carnaval de Québec 2005….. C’est aujourd’hui !
Nous nous réveillons sans trop de stress au niveau de l’heure, la totalité des réparations et du cirage ayant été faites hier. Au petit déjeuner, la pression monte tranquillement avec des stratégies de course établies en fonction des informations données la veille par Geneviève Corbeil. Membre de l’équipe féminine de DMR et ex co-équipière de Corinne, elle s’est donnée la peine d’aller voir le fleuve hier soir aux mêmes conditions de marée que la course.

Le redoux de ces derniers jours a enfin libéré des veines d’eau et le relief de glace a baissé.

Toute l’équipe est prête, habillées pour le grand jour, Hélène et Valérie sont presque plus stressées que nous. La descente sur le port de Québec en voiture est silencieuse.

Premières vues sur le fleuve vers 11H45…………. Pas d’eau, mais alors pas d’eau du tout, le relief est inégal, il y ici et là des blocs plus haut qu’un homme. Philippe est très inquiet mais se garde bien d’en parler aux autres, tout le monde a son propre stress a gérer.
Nous pêchons des informations à droite et à gauche, surtout Didier qui s’entretient avec Bruno Harvey, gagnant du Carnaval 2004. Il sait quoi faire et jusqu’où remonter sur la rive de Lévis, mais la partie sera difficile.

Le principe est de partir du bassin du port de Québec, puis descendre en longeant les quais pendant environ 1 kilomètre pour un premier touché, puis traverser le Saint Laurent pour effectuer un deuxième touché à Lévis pour finalement revenir dans le bassin. La marée est sur le montant et ira en s’amplifiant au fil des heures.

Le canot est descendu dans le bassin par les bénévoles du Carnaval, toujours souriants. Nous prenons notre emplacement défini par les préliminaires de la veille, 14 ième sur la ligne de départ. Nous nous rendons au milieu du bassin pour observer la trajectoire prise par les équipes compétitions afin de décider quelle sera la meilleure.

Nous prenons notre place à côté du canot et c’est Bonhomme Carnaval qui donne le départ…

Nous partons plutôt bien et passons là ou nous l’avions décidé, rapidement nous nous éloignons du mur pour ne pas être coincés par le courant.
Tout le long des quais, nous entendons hurler les spectateurs ce qui décuple nos forces.
La première touche est rapide, mais avec 20 canots en classe participation c’est une vraie pagaille. L’équipe ne fait pas trop d’erreur, seuls les collisions avec les autres canots nous ralentissent, l’esprit fair-play règne et tous les canotiers mettent du leur pour ne rien briser ni blesser personne.
Nous entamons tout de suite la traversée sur Lévis, le courant n’est pas trop fort, les conditions de glace plutôt bonnes et la technique des équipiers n’a cessé de progresser au court des 8 entraînements depuis notre arrivée. Nous avons une cohésion parfaite et nous prenons tous un immense plaisir à voir avancer notre canot.

Nous touchons à Lévis au bout de 37 minutes, il y a des canots partout autour de nous, nous sommes vraiment dans la course. Les spectateurs sur les quais crient « allez la France » et « allez les bleus », c’est super motivant, nous tirons encore plus fort sur les rames.
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A noter tout de même qu’en voyant arriver derrière nous l’équipe de Château Frontenac A en course pour la victoire, notre barreur évalue rapidement la situation et voit que le passage sera trop étroit pour 2 canots, il décide donc de nous envoyer directement contre un bloc de glace. Le canot est arrêté net et Château A peut passer sans ralentir. Bonne route les gars !

Didier suit les recommandations de Bruno et décide même de remonter encore plus haut afin de contrer l’effet de la marée qui nous déportera immanquablement. Quand le top est donné pour entamer la dernière traversée, toute l’équipe est à bloc et ça va vite, nous progressons rapidement mais la marée est de plus en plus forte, surtout en avançant vers Québec.

Nous sommes à moins de 150 mètres de l’entrée du bassin et l’équipe féminine DMR, gagnante de plusieurs éditions du Carnaval, est juste devant nous. Nous approchons du but mais le courant est fort, notre angle de progression se ferme de plus en plus et nous sommes finalement contraints de nous battre uniquement contre la marée, nous ne progressons plus vers l’arrivée, et pire……… nous commençons à reculer, lentement mais irrémédiablement, le relief s’élève et le courant s’accentue encore.

Là il nous faut rendre hommage à UN adversaire. Un adversaire d’une puissance incommensurable, un adversaire qui malgré toute sa beauté a bien fait sentir à tout le monde que c’était lui le maître des lieux, un adversaire qui aujourd’hui a encore imposé sa loi aux canotiers et nous a fait déposer les armes.

Cet adversaire s’est bien sur le fleuve Saint Laurent.
Respect.

Nous avions complété les ¾ de la course en 1 heure, nous allons faire du tapis roulant sur une glace continuelle, inégale en hauteur et surtout un terrible courant évalué à 6 nœuds (environ 11 Km/H) pendant 2 HEURES !!
2 heures sans arrêter, 2 heures sans même penser que nous avions déjà perdu, 2 heures de bagarre et d’une bataille contre les éléments qui vont laisser des traces dans le corps et surtout dans la tête.
Nous sommes descendus pendant plus d’1 kilomètres et demi alors que nous n’avons pas cessé de courir et de débarquer sur les glaces avec parfois le canot bien au dessus de nos têtes. DMR vient d’abandonner juste devant nous. L’équipe s’arrête et nous prenons une décision à l’unanimité, « on continue pendant 15 minutes et on voit ».
15 minutes plus tard, il faut se rendre à l’évidence, nous n’avons pas progressé d’1 mètre.
La dernière décision de la course prise par l’équipe sera de rejoindre le bord du fleuve et d’arrêter ici notre course……. Valérie et Hélène nous attendent en vain à l’arrivée.

La déception est immense même pour Corinne qui conclu ainsi sa 7 ième course du Carnaval. Certains l’extériorisent en pleurant de dépit, d’autres bouillonnent à l’intérieur en essayant de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

A noter tout de même que sur 41 équipes au départ, seules 14 ont terminé la course, nous avons eu de nombreux compagnons de galères tout au long des quais de Québec.


Finalement, en y pensant bien, nous nous sommes régalés en allant au bout de notre effort. Cette aventure a emballé tout le monde même Thierry et Richard qui n’avait jamais vu de glace. Ce sport, l’accueil des Québécois, le Saint Laurent et l’ambiance entre canotiers, fait que ces moments deviennent magiques et que nous décidons tous de revenir l’an prochain.

Nous apprendrons dans la soirée, que l’avant veille, les brises glaces avaient purgé une partie du lac Saint-pierre libérant ainsi des milliers de mètres carré de glace qui descendront avec le courant pour finalement se trouver à Québec le jour même que la course. Pour couronner le tout, la douceur a permis à certains affluents du Saint Laurent d’entamer leur débâcle, expliquant ainsi la présence d’immenses blocs de glace bleus et transparents, quel magnifique spectacle mais quel terrible expérience pour nous !

La nuit tombe et il nous faut nous occuper de rapatrier le canot et l’équipe.
Mille merci à Martin Deschênes et surtout à Pierre Olivier, un p’tit gars pas très vieux mais enthousiasmé par notre aventure qui nous permettra de tout ranger et de remonter à l’auberge à une heure décente.

La remise des prix est déjà en court quand nous arrivons. Richard Moore, le directeur de la course en canot tient absolument à nous faire monter sur le podium pour présenter cette équipe de France qui a fait 6 000 kilomètres pour se battre contre le Saint Laurent. C’est notre minute de gloire et merci à lui pour nous avoir supporté malgré ses très modestes moyens.

Fin de soirée avec un repas chaud bien mérité et une interminable tournée des tables pour saluer et remercier tout les canotiers qui nous ont aidé. La salle est vide alors que nous sommes encore en train de discuter avec d’autres équipes de cette super expérience de 15 jours.

Finalement, comme Corinne et Philippe le leur avaient promis, nous partons manger une poutine, LE plat typique Québécois. Richard, Thierry, Valérie, Hélène et Didier jouent le jeu et font sourire nos amis Québécois.

Un dernier au revoir avec la promesse de revenir et direction le dodo.
Finit le canot pour 2005, demain, retour en France pour 5 d’entre nous.